Retour à la case départ

Filigrane

La réunion de concertation initiée par le Chef de l’Etat en direction des formations politiques ayant entamé des démarches administratives [hic] pour se conformer à la nouvelle charte des partis politiques au Bénin, se retrouve être une réunion où le Président de la République, n’a fait qu’indiquer le chemin du ministère de l’intérieur et de la Sécurité Publique à ces invités.

 

Dans un communiqué Radio-Télé, le Directeur de Cabinet Civil du Président de la République a invité certaines formations politiques, qui n’auraient pas terminé le processus de mise en conformité et autres démarches administratives avec le ministère de l’Intérieur, à une réunion de concertation avec le Président de la République. Cette annonce était déjà pour certains le début d’une ouverture au dialogue, dialogue annoncé par le Chef de l’Etat dans son adresse du 20 mai 2019, où après les échauffourées post-électorales avec des conséquences bien fâcheuses, Patrice Talon s’est senti dans une démarche d’apaisement pour annoncer à l’opposition, qui a été écartée malicieusement et malencontreusement, que les élections législatives étaient bien terminées mais qu’il entend appeler toutes les sensibilités politiques à un grand débat national sur les grands enjeux de développement du Bénin. Comme quoi, après les choses essentielles d’une démocratie, où l’expression de la pluralité des idées s’exerce, l’opposition devra attendre ce fameux dialogue pour s’exprimer. Et revendiquer quoi. !

Cette réunion convoquée dans les formes, n’était ni destinée à l’opposition, parce que subitement des noms de formations politiques sont apparus et encore moins à l’ensemble de la classe politique, parce certains partis politiques n’ont pas été conviés.

N’était-ce pas la poudre aux yeux. ?

Et voici que le ministère de l’Intérieur, dans une démarche peu orthodoxe exhibe l’article 13 de la loi 2018-23 portant nouvelle charte des partis politiques qui stipule que dans les conditions d’être membre fondateur ou dirigeant, toute personne ne devrait être condamné à une peine afflictive ou infamante. Cette exigence n’est-elle pas la goutte d’eau qui va durcir une fois encore les positions ! De son côté, l’opposition défend certains préalables qu’il serait très mince de voir le pouvoir s’y plier, telle la reprise des élections législatives.

Finie l’euphorie de la performance des Ecureuils à la Coupe d’Afrique des Nations, finis les espoirs d’un dialogue pourtant annoncé et qui n’avait pas forcément un écho favorable auprès de l’opposition. Une crispation de l’actualité politique s’annonce avec des positions qui risquent de se figer et des lignes qui ne bougeront pas. Pendant ce temps, les jours s’égrènent et le premier mandat s’en va finissant.