Constitution...En veux-tu...? En voilà.

Filigrane

Après 29 ans de vie, la Constitution béninoise a été modifiée le 1er Novembre 2019; fruit du dialogue politique organisé par le président Patrice Talon pour sortir de la crise politique générée après les législatives d'avril 2019, organisées sans la participation d'aucun parti politique de l'opposition. Un an après cette révision constitutionnelle: Que retenir ?  

Le 1er  novembre 2019, la Constitution béninoise de 1990 tant vénérée par les béninois a été révisée. Le nouveau texte a été voté à l'unanimité des 83 députés de la huitième législature. Avant cette révision constitutionnelle du 1er novembre, Patrice Talon avait pris l'initiative de modifier cette lois fondamentale à deux reprises. Mais les deux tentatives ont été infructueuses. Il a fallu attendre les recommandations issues du dialogue politique pour que les parlementaires révisent ce texte. Dans ce nouveau texte, le mandat présidentiel est limité à deux comme dans celle de 1990 mais avec plus de fermeté et d'exigence : « En aucun cas, nul ne peut, de sa vie, exercer plus de deux mandats de président de la République », établit l’article 47. On peut donc retenir qu'aucun président après avoir brigué deux mandats successifs, ne peut se porter encore candidat après son départ du pouvoir. Cette limitation du pouvoir n'est pas uniquement imposée au Président de la République. Les députés, eux aussi, ne peuvent renouveler leurs mandats plus de deux fois. Ceci, dans l'optique de renouveler la classe politique béninoise. Une avancée qu'on peut juger salutaire. Ce nouveau texte prévoit également un poste de vice président qui sera chargé d'assurer la vacance du fauteuil présidentiel ou de représenter le président à la demande de celui-ci à l'intérieur du pays ou à l'étranger. Mais on note d'ambiguïté ou de nébulosité sur la durée de son mandat et sur la possibilité qu'un ancien président soit vice-président.Ce texte modifié prévoit l'alignement des mandats et l'instauration d'élections générales. Tous les élus auront désormais un mandat de cinq ans. Cette uniformisation de la durée des mandats va permettre l'organisation d'élections générales, de réduire les dépenses et de reserrer le calendrier électoral. La révision constitutionnelle prévoit l’obligation, pour les candidats à la présidentielle, d’obtenir le parrainage d’élus. Une disposition qui alimente la colère de l'opposition politique. Puisque celle-ci n'a pas d'élus. Des prochaines élections présidentielles, on formerait le dessein de réduire drastiquement la participation des partis politiques notamment les partis politiques de l'opposition. L'opposition politique voudrait bien aller à l'assaut de la gouvernance mais elle sera confrontée à des difficultés du parrainage. Dès lors qu'il faut recueillir 10% de parainnage soit 16 maires ou députés, ce seraient les candidats de l'opposition qui seraient pénalisées au premier chef. Si elle reste les bras croisés, elle serait poussée vers la sortie du jeu démocratique, subrepticement éloignée des centres névralgiques et décisionnels où se façonne l'avenir de la nation. On peut donc dire que ce nouveau texte est une belle initiative mais qui manque de perfection. Chaque jour, il montre ses insuffisances, ses lacunes et surtout ses lots d'incompréhension.