Arts et Culture au Bénin: Une assise pour revigorer le secteur

Culture

Du 23 au 26 novembre 2020, les acteurs du monde de la culture et celui  des arts se sont  donnés rendez-vous à la salle de conférence du stade de l’amitié Général Mathieu Kérékou de Cotonou pour des réflexions plus aigues afin  d'aboutir à des plaidoyers pour le renouveau des arts et de la culture du pays. Porté par la structure "Les Films Togbo" du Bénin, l'événement a drainé des personnalités du ministère de la Culture et des professionnels des arts et de la culture ainsi que les chefs traditionnels des confessions religieuses.

« Entre nous, nous ne nous connaissons plus. Nous connaissons les autres mieux que nous-mêmes et dans le coeur de nos enfants de même que nous, adultes, les supers héros du monde occidental, sur le cimetière de notre histoire, géographie, science et nos arts, ont entièrement plus de pouvoir » ces propos d'Ignace Yéchénou, réalisateur béninois et coordonnateur général de l’événement montrent le mépris que subit la culture béninoise. Celle-ci est délaissée au profit d'autres cultures étrangères. C'est donc dans l'optique d'éradiquer ce contact pas du tout reluisant que plus d'une centaine de personnalités bien indiquées se sont réunies pendant quatre jours pour faire un diagnostic clair des maux qui minent le secteur des arts et de la culture au Bénin en vue de proposer des solutions assorties de recommandations aux acteurs culturels, aux autorités gouvernementales et aux institutions politiques nationales. « Nous avons réuni des personnalités prêtes à nous accompagner. Pas dans une aventure, mais dans un projet sincère d’assainissement et de renaissance de nos arts et de notre culture », a-t-il ajouté. Pendant quatre jours, ces professionnels de la culture et des arts, par le biais des conférences, des panels et surtout des échanges, tentent de redonner au Bénin ses valeurs culturelles et artistiques d'antan. « Plus qu’un pays de danses, nous sommes un pays de gestes, rythmes, cadences et de paroles. L’art est un droit naturel de l’homme au même titre que les besoins (manger, dormir, se vertir). Normalement, son développement devrait être une exigence pour les Nations. Malheureusement, pour les Nations comme les nôtres, il a été relégué au dernier plan », a insisté Ludovic Fadaïro, artiste plasticien béninois. Pour lui, se battre pour la bonne cause qu’est la revalorisation de la culture béninoise est un devoir. Il invite chacun à s'adonner au secteur artistique et culturel avec dévotion et ferveur. Présent à la cérémonie de lancement, Éric Totah, directeur de cabinet du ministère du Tourisme, de la culture et des arts, a salué l’initiative et a fait observer que: « Le Programme d’Action du Gouvernement a déjà mis, au coeur de ses actions, la culture. A travers le ministère de la culture, ce programme est en train d’être mis en oeuvre ».

Des panels riches et édifiants

Coordinateur de l'événement, c'est  Ignace Yètchénou lui-même qui a présenté le premier panel  sur la thématique relative au caractère indispensable de l’art pour la société. Avec beaucoup de persuasion, il s’est employé à démontrer que si l’on doit tenir compte des considérations scientifiques de façon caduque et rigide, on serait tenté d’affirmer que l’art dans toutes ses dimensions n’est pas assez nécessaire pour l’épanouissement de la société encore moins pour son développement. Alors qu’il est tout de même présent dans tous les détails de la vie sociale aussi bien au Bénin que sous d’autres cieux. Mais à la fin de son intervention, toute l'assistance est convaincue que l'art reste indispensable pour la cité. « L’art et la culture au service du développement » c'est la problématique qui fera office du deuxième panel animé par le Professeur Dodji Amouzouvi. Pour lui, le résultat du diagnostic du secteur artistique et culturel au Bénin, laisse perplexe. Et pour y remédier, il pense qu'il  est impérieux désormais de franchir le cap et de passer à la professionnalisation du secteur. À la suite de son panel, s'en sont suivis d'autres plus éloquents les uns que les autres dont l'unique but est de redynamiser le secteur.

Raoul Donvidé