Décès Adjignon Hambladji : Le baobab s'est effondré

Culture

Précurseur du rythme Avoganhoun et vainqueur de la 4è édition de la Compétition nationale des vainqueurs d’Artistes du Bénin (Conavab),  l'artiste de la musique traditionnelle Adjignon Hambladji a tiré sa révérence le 31 décembre 2020 à Cotonou.

Il s'en est allé. Adjignon Hambladji est mort. Le précurseur du rythme Avoganhoun de renommée nationale a clos l'ouvrage. C'est un baobab qui vient de s'effondre dans la savane arbustive de la musique béninoise et dans le coeur de tous les amis de l'art et de la culture. Encore une nouvelle lugubre pour le monde culturel béninois. Après la légende Ezin Gagnon, c'est au tour du grand chanteur Adjignon Hambladji d'enfoncer le clou dans la plaie déjà béante. Il est vraiment parti avec tout un filon de sagesse et de savoir-vivre. Une voix majestueuse qui conscientise et dorlote les esprits. Une tête à penser et à faire réfléchir est tombée. Cette énorme encyclopédie fait partie des premières gloires de la musique béninoise d'aspiration traditionnelle. Premier artiste à chanter en langue Wxla, sa langue maternelle dans laquelle il  a notamment chanté l’amour, la fraternité et l’unité. Il a valorisé la fête Nonvitcha, grandes retrouvailles annuelles des Wxla et Peda grâce à un tube qui a résisté à l'usure du temps. Un tube devenu sacré pour cette fête annuelle.  Selon les informations recueillies, il était aux côtés des enfants à la Noël 2020 à Godomey, commune d’Abomey-Calavi. Suite à des malaises, il a été transféré au Centre National Hospitalier Universitaire Hubert Koutoukou MAGA à Cotonou. Malgré les soins intenses qu'il suivait, il a rendu l'ame le jeudi 31 Décembre 2020 laissant derrière lui tout un monde amoureux de ce rythme. Mais comme l'a dit Ineste OUESLATO, “l'artiste ne meurt jamais. Les notes, les paroles, la réflexion qu’il laisse après lui, sont la continuité de son être et de sa manière d’être. Son corps ne peut que se reposer. Quant à son âme, elle ne s’arrête jamais de vivre”.

Raoul Donvide