Attachement d’exercer le pouvoir : Une vidéo sur Ali Bongo déchaîne les passions

Politique

La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux. Elle présente le Chef de l'Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba faisant une revue des troupes, se rendant au Mausolée du premier Président gabonais, Léon Mba. On y voit aussi toute sa difficulté de marcher, même avec à l’aide d’une canne. Pour certains il a fait d’énormes progrès. Une vidéo qui interpelle sur l’attachement ou l’obsession du pouvoir d'Etat en Afrique.

Une vidéo d’à peine une minute montrant le Chef de l’Etat gabonais Ali Bongo Ondimba, a affolé la toile avec des commentaires aussi désobligeants et peu réconfortants. Même si c’est la première sortie officielle du Président Gabonais dix mois après son AVC, il reste néanmoins que l'objectif de cette abondante diffusion, reprise par plusieurs réseaux sociaux avec des railleries inimaginables, était de présenter Ali Bongo Ondimba comme ce dirigeant qui malgré un état de santé non rassurant, tient toujours à exercer le pouvoir.

Cette situation, ulcère la classe politique gabonaise et plus précisément, l'opposant Jean Ping, qui se considérer comme le seul vainqueur de la dernière présidentielle. En témoigne, le relais fait par certains médias de son discours à la Nation, à la veille de la célébration de la fête de l’Indépendance du Gabon.

Depuis l’accident vasculo-cérébral de son challenger Ali Bongo Ondimba, Jean Ping n'a de cesse d’appeler à ce que la Cour constitutionnelle déclare la vacance du pouvoir. Dans la foulée, Ali Bongo Ondimba a multiplié les sorties avec une participation active aux festivités la fête de l’Indépendance, notamment la parade militaire qui a duré plus d'une heure. Ces apparitions publiques n’ont pas forcément atteint l’objectif communicationnel escompté. Il présente plutôt un Ali Bongo, diminué et qui n'a pas encore retrouvé la motricité de tous ses membres. C'est peut-être ce caractère insolite d'un attachement au pouvoir que les diffuseurs de la vidéo veulent mettre en avant mais en réalité…

Avec les multiples commentaires désobligeants et affligeants, certains sont revenus sur ce mal africain où la démission est la chose la moins partagée, où on peut diriger son pays malgré le poids de l’âge et ceci dans un fauteuil roulant comme ce fut le cas en Algérie avec Abdel Aziz Bouteflika, s'accrocher au mur pour se déplacer comme ça été le cas au Zimbabwé avec Robert Mugabe, ou en passant six à huit mois sur douze à l'étranger comme Paul Biya du Cameroun.

Cette image déshonore l'Afrique et démontre que sous nos cieux, on ne sait pas être fatigué, ni empêché ni déclaré son incapacité à gouverner même si on est physiquement et intellectuellement diminué. Quelques soit l'âge où l'état de santé on s'accroche encore et encore.

 

Joël Akindès