8ème Législature au Bénin : Monotonie politique

Politique

Voici plus de 100 jours que les députés de la 8ème Législature « travaillent ». Tous issus d’une même famille généalogique, c’est-à-dire la mouvance présidentielle, ces députés s’accordent dans les ratifications de prêt, les désignations dans les instances relevant de leurs prérogatives sans pour autant débattre sur des sujets que le peuple qui est pourtant représenté à l’Assemblée Nationale, juge important. Un sacré coup.

De la discussion jaillit la lumière. L’esprit de ce proverbe indien est nettement en souffrance à l’Assemblée Nationale, depuis l’installation des députés de la 8ème Législature conduite par Louis Vlavonou. Le Parlement béninois n’a-t-il pas perdu de sa saveur ou de sa superbe depuis  cette installation … ? Inutile de revenir sur les circonstances qui ont abouti à l’enfantement de cette législature. Les députés issus des Blocs affiliés au Chef de l’Etat, ont tôt fait de se répartir dans les Commissions, les Groupes parlementaires et dans les Institutions sous régionale et régionale. Le Bloc qui a eu le plus de députés, l’Union Progressiste s’est de facto adjugé le titre de la Majorité Parlementaire, laissant à son frère siamois, la Minorité Parlementaire, à défaut de l’opposition Parlementaire.

100 jours se sont écoulés et durant les 100 jours, aucun débat n’a ébranlé ce peuple, qui bien qu’attaché à sa  démocratie, s’attendait à des débats riches et variés. Des débats de conviction, où chaque député pouvait au détour d’une réplique de l’un ou l’autre camp, sortir et brandir des arguments… Des débats pour éclairer l’opinion et permettre à l’Exécutif de tenir compte de tous les aspects dans une démarche consensuelle. Des preuves que l’Assemblée Nationale n’est pas la caisse de résonnance de l’Exécutif. Hélas, on ne verra peut-être pas cette physionomie de notre Assemblée Nationale tant que les intérêts des députés ne sont pas menacés.

En trois mois d’exercice, à part les votes sur les ratifications d’accord de prêts, la désignation des députés dans les parlements régionaux, les institutions et autres présences institutionnelles, on n’a eu droit à aucun débat parlementaire dont les canards pourraient en faire leur chou gras. Même le vote du budget de l’Assemblée qui est un instant où les intérêts s’entrechoquent…est passé comme une lettre à la poste. Tous les débats qu’il y a eu ce jour convergeaient tous dans un seul sens…Qu’en sera-t-il de la Loi de Finances exercice 2020 ? Qu’en sera-t-il de la désignation des autres organes vitaux de la République… Si pour la désignation des membres devant siéger au Conseil d’Orientation et de Supervision de la Liste Electorale Permanente et Informatisée (Cos-Lépi), les débats ont-ils été inaudibles, qu’en sera-t-il de la révision des textes de lois qui ont été querellés et que le Chef de l’Etat a promis révisé ?

Notre Parlement, pourtant haut lieu politique dans un système politique, est dans une monotonie indescriptible. Même si des débats se font, ils sont d’une platitude et n’émoussent guerre. Peut-être que les députés de la 8ème législature attendent un électrochoc.

G-E. N.