Municipalités au Bénin : Des expériences et des attentes

Politique

Les résultats des élections municipales du 17 mai 2020, ont été proclamés par la Commission Electorale Nationale Autonome. Les grandes villes du Bénin : Cotonou, Porto-Novo, Djougou, Parakou, ou encore Abomey et Lokossa, connaissent leur édile.  Si de nouveaux visages apparaissent, d’autres sont dans le rouage politique depuis des lustres et sont tous issus des deux blocs présidentiels. Un coup de projecteur sur les futurs maires de Cotonou, Abomey-Calavi et Djougou.

Les deux Blocs de la majorité présidentielle ont territorialement pris le contrôle de presque la totalité des  77 communes. Une suprématie politique qui n’est pas si surprenant quand on se réfère aux derniers résultats issus de la dernière législative. Les réformes engagées pour rajeunir la classe politique tient sensiblement ses promesses et ces municipales, ne font que prouver l’hégémonie du Chef de l’Etat. Les nouveaux visages sont certes connus dans les milieux politiques. Si pour certains cette élection est un test grandeur nature pour désormais entrer de plain-pied en politique, pour d’autres, des défis et challenges se dresseront sur leur parcours, à l’image de Luc Atrokpo, qui sera le nouveau locataire de l’hôtel de ville de Cotonou. Parlons d’ailleurs de Luc Atrokpo, dont le parachutage à Cotonou n’a rien de stratégique pour ses détracteurs. Cotonou mériterait mieux, clament d’autres, il aurait laissé des casseroles à la mairie de Bohicon pour filer à la Cotonoise. Mais pourtant le parcours politique de Luc Atrokpo n’est pas non mois élogieux. Forcer l’admiration, paraitrait aussi excessif. Deux fois candidat de la Renaissance du Bénin aux législatives, il a à chaque fois, préféré son Bohicon natal aux émoluments de l’hémicycle. Le coup d’essai qui l’a porté à la présidence de l’Association Nationale des Communes du Bénin, reste un coup de maître qui le place davantage aux devants des questions de décentralisation. Il ne fait pas trop attention aux mauvaises langues, il sait juste jouer sur la sympathie dont il bénéficie auprès des Dah de chez lui, qui lui enseigne certainement que : Qui veux aller loin ménage sa monture. Et çà…, Luc Atrokpo veut aller loin. Georges Bada, un autre dissident de la Renaissance du Bénin qui est resté longtemps sous la coupole de Maman Rosine, mais qui n’a jamais caché son ambition de diriger la plus grande commune du Bénin en termes de population. Si sa réélection à la mairie d’Abomey-Calavi est sur toutes les lèvres, il a échappé de peu à la correctionnelle, puisque battu dans son propre bureau de vote. Bon blagueur et ambitieux pour sa ville, Georges Bada n’a pas eu la dextérité de résoudre convenablement la question foncière qui défraie tant Abomey Calavi. Patrice Talon lui offre une bouée de sauvetage et le raccorde au navire, même si en interne, son choix reste indécis. C’est à lui de prouver que le Grand Nokoué ne se fera pas sans lui… Le lundi 25 juillet 2016, un impétrant peu ordinaire soutenait sa thèse sur : « La communication comme outil de gestion et de valorisation des déchets dans la ville de Cotonou au Bénin ». Désormais Malick Abdoul Idrissou Gomina, ne rechigne  pas sur le titre de Docteur qui vient avant son nom.  Pourtant on lui connaissait que les plateaux de télévision et on en était loin de penser qu’il avait d’autres cordes à son arc.  Souvent critiqué pour ses prises de position, on croirait qu’il est spécialiste des infos à couperet. Il annonce le KO de Boni Yayi en 2011 et en 2015, réalise une interview avec l’exilé d’alors…Patrice Talon. Un rendez-vous télévisuel qui aura été le point culminant. Désormais à la tête de sa ville natale, Djougou, Dr Malick Gomina peut jubiler. Il vient d’être porté par toute une population qui bouillonnait après le faux bond des législatives. Il a une forte ambition pour la ville carrefour et la jeunesse djougoise toute sensibilité politique le lui rend si bien. Seulement saura-t-il être le maçon qui construira la Cité des Djarra… ! Cotonou, Abomey-Calavi et Djougou. Trois villes qui forment la colonne vertébrale du Bénin. Ces trois maires sont autant attendus que les 74 autres pour une nouvelle expérimentation de la gouvernance locale. Si Cotonou, vitrine et capitale économique a un statut particulier, Abomey-Calavi et Djougou sont des prétendants.

Régis de SOUZA