Présidentielle 2021 au Bénin : L’opposition dans un cul-de-sac

Politique

Réorganiser le jeu politique et les compétitions électorales au Bénin. Voilà une grande et belle ambition soigneusement gravée au fronton de notre pays. C'est l'horizon fixé et le rêve campé par le gouvernement de la Rupture depuis 2016. Et cela a été une évidence. Les députés ont accordé leur violon et ont voté la charte des partis politiques et le nouveau code électoral.

L'idée de la réforme du système partisan et du nouveau code électoral est belle mais le fond est truffé d'anomalies. Avec des réformes politiques qui ne font vraiment pas l’unanimité la démocratie béninoise a pris un coup.

Jamais autant qu'aujourd'hui, le paysage politique béninois n'a été secoué. Ces réformes ont plongé le Bénin dans une crise électorale sans précédent depuis 2019. Et nous voici en 2020 à la veille de l’élection présidentielle de 2021, cette réforme continue encore de surfer sur des remous même au sein des partis pourtant proches du Chef de l’Etat. Sa progéniture " Parrainage " qu'elle a accouché plonge définitivement l'opposition politique béninoise dans l'inquiétude. In fine, une conclusion s'impose : la réforme du système partisan entreprise et le nouveau code électoral adopté ont du plomb dans l’aile.

Pour éviter une fois encore le chaos en 2021, Emmanuel Tiando prévoyant, enfile son gilet de sauvetage en rencontrant le mercredi 21 octobre 2020, les députés en mettant sur la table des propositions visant à rendre le scrutin présidentiel de 2021 crédible et inclusif. Les discussions se sont basées sur le parrainage des candidats. On peut retenir que les parlementaires sont favorables au parrainage des candidats sans distinction aucune. À titre illustratif, le député André Okoulola lors de la "Journée parlementaire des députés du Bloc Républicain ” le vendredi 23 octobre 2020 à Abomey-Calavi affirme « Qui vous appelez-vous opposants ? Ils sont nos amis d’hier. Ils sont tous béninois non ! C’est la démocratie. Il faut permettre le débat démocratique. Il faut permettre la candidature diversifiée et que le peuple ait la possibilité de choisir parmi ces candidats là le meilleur. On n’a pas besoin de fermer »

Ces mesures que les initiateurs trouvent si bien ne satisfont pas l'opposition. Les nouvelles dispositions font obligation aux candidats de recueillir le parrainage de 10% au moins des élus de la nation soit 16 maires ou députés. Mais l'opposition n'a pas d'élus ou du moins n'a pas assez d'élus. Voilà son véritable casse-tête. La configuration politique actuelle ne lui permet pas de présenter un candidat à la présidentielle de 2021 qui s'annonce à grands pas. Seul l'esprit d'ouverture des élus permettra à l’opposition, soit-elle constructive ou critique, de participer à la compétition.

 Léonce HOUNLIHO