Campagne agropastorale 2016-2017 : le CILSS annonce une hausse de 8 %

Société
 
Tenu  du 21 au 23 novembre 2016 à l’hôtel Azalaï de Cotonou, l’atelier régional du CILSS : Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel a réuni plus de 80 cadres pour valider les résultats prévisionnels des productions agricoles.
Depuis plus de 40  ans, le Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) anime un dispositif régional de veille sur la sécurité alimentaire et l’alerte précoce avec l’ensemble de ses partenaires techniques nationaux et régionaux. Le Bénin a adhéré au CILSS en 2012 avec  ses structures impliquées telles que l’Office National de la Sécurité Alimentaire (ONASA). 
A travers le cadre harmonisé d’identification et d’analyse des zones à risque et des populations en insécurité alimentaire et nutritionnelle au sahel et en Afrique de l’Ouest, les experts ont pu classifier la nature et la sévérité de l’insécurité alimentaire aigüe, courante et projetée. 
De profondes analyses techniques, font ressortir que les récoltes sont globalement satisfaisantes pour l’ensemble des pays du CILSS et de la CEDEAO mais la situation est critique dans le bassin du lac Tchad. Entre octobre et décembre 2016, au total 10,4 millions de personnes sont identifiées en insécurité alimentaire et nutritionnelle de phase crise à pire. Mais globalement dans l’espace CILSS-CEDEAO-UEMOA, les productions céréalières attendues sont estimées à 66 millions de tonnes, soit une hausse de 8 % par rapport à la campagne de 2015-2016 et de 22 % comparée à la moyenne des cinq dernières années.
Les productions de tubercules sont établies à 168 millions de tonnes en hausse de 6,4 % par rapport à la campagne précédente et de 22,6 % par rapport à la moyenne quinquennale. Le bilan céréalier régional prévisionnel dégage un excédent brut de 915.000 tonnes et le bilan net après importation dégage un excédent de 9 millions de tonnes.
Outre les délégués des pays du sahel et de l’Afrique de l’Ouest, le dispositif régional comprend les systèmes régionaux et internationaux d’information sur la sécurité alimentaire, la société civile ainsi que les partenaires au développement. Le Bénin, le Burkina-Faso, le Cap Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée Bisseau, le Libéria, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigéria, le Sénégal, la Sierra-Léonne, le Tchad et le Togo sont dix-sept pays représentés à cet atelier. La réunion regroupe les représentants des services des statistiques agricoles et des systèmes d’alerte précoce des pays membres du CILSS et de la CEDEAO, les représentants d’institutions sous régionales (CEDEAO, UEMOA, BCEAO), les experts des dispositifs régionaux d’information sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle (CILSS, FAO, FEWS NET, CCR / UE), les partenaires au développement (Union Européenne, USAID, etc.) et les représentants des organisations régionales de producteurs et de pasteurs.
Le  dispositif mis en place permet de réaliser un suivi rapproché de la situation alimentaire et nutritionnelle destiné à assurer la détection précoce des difficultés conjoncturelles grâce à la synthèse et à la confrontation de diverses informations. C’est un cadre de concertation et de coordination fondé sur des principes de dialogue qui s’appuie sur l’ensemble des systèmes d’information au niveau national et régional.
Au terme de cet atelier régional,  clos par le secrétaire général du Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche du Bénin, Monsieur Abdoulaye Toko, les résultats prévisionnels des productions agricoles et les bilans céréaliers et alimentaires dans les pays du sahel et de l’Afrique de l’Ouest sont validés.  
 
Inès KUASSI NANGA